Les Alpes : évolution géodynamique synoptique (2)

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QUELLES CONTRAINTES POUR CETTE EVOLUTION ?


L’évolution géodynamique des Alpes peut être reconstruite au travers d'informations très différentes et complémentaires :


1- les structures tectoniques et l'architecture d'ensemble de la chaîne actuelle (avec les apports de la géophysique pour ce qui est des structures profondes),

2- l'enregistrement sédimentaire, et notamment la migration des séries détritiques (flyschs et molasses) vers l’ouest avec le temps.

3- les chemins Pression (et donc profondeur)-Température-temps suivis par les roches.


On peut isoler 3 grandes étapes (cf ci-contre) :


Etape 1 : ~ 100 - 45 Ma

C’est la période de subduction océanique. Le domaine Ligure, Schistes Lustrés accompagnés de leur substratum crustal et mantellique, passent en subduction (et sont partiellement découplés mécaniquement, en profondeur, dans un prisme d’accrétion océanique). La subduction s’effectue sous l’Apulie-Afrique, comme le montre l’augmentation des pics de pression vers l’est.

Par contraste, les flyschs Ligures non métamorphiques (flyschs à Helminthoïdes, marquant grosso modo le début de la subduction), s’accumulent au niveau de la fosse et échappent à l’enfouissement.


Etape 2 : ~ 45 - 35/30 Ma

La marge Européenne amincie (domaine Briançonnais) commence à son tour à entrer en subduction.

C’est le domaine Briançonnais interne qui a atteint les plus grandes profondeurs (> 100 km pour une des unités de D. Maira !), la partie externe n’ayant été enfouie qu’entre 20 et 30 km de profondeur. L’ensemble témoigne en tout cas, dans son ensemble, d’un régime métamorphique HP-BT.



Etape 3 : 35/30 - 0 Ma

La subduction continentale, étape transitoire de l’orogénèse (voir matériaux mis en jeu) cède la place à la collision : les croûtes continentales s’affrontent et vont progressivement se superposer à mesure que la convergence entre les deux plaques se traduit par un élargissement de la chaîne. Le raccourcissement croissant 1) fait rejouer des structures héritées, 2) se marque, une fois de plus, par le découplage entre socle et couverture et 3) tend à épaissir la croûte supérieure et à rééquilibrer le régime thermique vers de plus hautes températures.